Jeudi 31 janvier 2008
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J’ai vingt cinq et je suis musulman Et alors? Il ne se passe pas un jour où
je is, où je n’entends, où je ne vois une attaque manifeste insidieuse contre ma religion. Alors je pourrais faire comme certains, passer mon temps à m’excuser, à me justifier du choix que j’ai
fait. Je pourrais mettre en avant « l’islam Bisounours », faire plaisir à l’intégriste laïcarde Caroline Fourest en me déclarant « musulman républicain » ou encore « musulman
laïque » ou encore « musulman modéré ».Je pourrais certes, mais je ne le
ferais pas. Je suis musulman, je prie, je jeune. Je le revendique non seulement comme un droit mais, et je dirai surtout, comme une liberté. J’ai tôt fait de réaliser dès 2003 que le vent avait
tourné. J’aurai pu après cette campagne liberticide et anti musulmane à souhait, décider de retourner ma veste, de me distancier par rapport à tous ces musulmans dits « fanatisés »,
dits « extrémistes », dits tout bêtement « islamistes ». J’aurai pu commencer à me lancer dans des diatribes édulcorées arguant que le modernisme et l’islam ne sont pas
incompatibles. Et de là, je me lancerai dans l’évocation d’un glorieux passé où se mêleront Averroès, l’héritage de la philosophie grecque et une ou deux théories mathématiques. Je déclamerai une
ode à l’avancée historique des droits de la femme via l’application des nouvelles règles islamiques. Je pourrais passer de plateau télé en émission radio à larmoyer sur mon propre sort, à dire
que je suis un gentil musulman « moderne », pas du tout assimilée à ces « barbus » et « femmes soumises, femmes humiliés », que d’ailleurs l’islam a besoin d’être
réformé, et qu’en plus je ne me reconnais pas du tout dans cette vision archaïque et décalée de la foi. Mais non je ne m’excuserai pas d’être musulman. Je suis fièr d’être ce que je suis, je
revendique mon appartenance à la dynamique islamique avec ces aspérités, ses droits, ses devoirs, sa pratique exigeante et qui m’apporte tant de satisfactions. Je suis toujours outrée de voir que
l’on nomme le Prophéte Mohamed « Mahomet », comme si les neurones de tous ces médias d’élite ne pouvaient se souvenir du nom de celui que Lamartine évoquait en ces termes :
« Si la noblesse des intentions, la petitesse des moyens, et la grandeur des résultats sont les trois critères du génie humain, qui
oserait comparer n’importe quel grand homme de l’histoire moderne à Mohamed ? »On essaie de nous faire croire que l’islam est un mal dès lors que l’on veut le pratiquer comme il se doit
en ne faisant pas de concessions farfelues à la sécularisation ambiante. Alors oui, il est facile de mettre dos à dos les musulmans pratiquants et les méfaits terroristes qui finalement ne sont
pas l’apanage de l’islam. Il est facile de rabâcher sans cesse comme TF1 (vous allez croire que je hais cette chaine mais à chaque fois que je zappe dessus, je tombe sur de petites phrases
assassines) que l’islam est lié à une motivation forcément immorale. Pour exemple présenter un cambrioleur d’abord et surtout comme un converti à l’islam.Pourquoi j’écris aujourd’hui ? Juste pour témoigner, sans prétention aucune, face à tous ces
bombardements médiatiques. On entend toujours les mêmes qui comme Adler nous martèle sans cesse que les musulmans ont besoin d’être sauvés, qu’il faut les aider à réformer leurs conscience, et
que rien de mieux pour cela que le Grand Moyen Orient démocratique. Je ne me sens ni menacé dans mon identité musulmane, ni archaïque dans ma pensée, ni enfermé dans ma pratique. J’aime ce que je
suis. J’aime être respectée par les 1000 employés qui me côtoient chaque jour non pas parce que je mange du porc à midi, bière à la main. Non, ils ont appris à me respecter et à m’apprécier tout
simplement parce que je n’ai jamais fait profil bas. Ils me respectent pour mes compétences. Ne vous trompez pas. Je ne cherche pas à faire l’apologie de ma religion, je revendique juste mon
droit à la différence dans une société plurielle où il fait bon vivre. Une société plurielle, où je pourrais voir éclore des écoles confessionnelles musulmanes au côté des centaines d’écoles
catholiques, protestantes, juives. Et ce sans que l’on ait besoin de limoger un recteur pour y parvenir.
Par Mehdy
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